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15 AOÛT 2025

L’Alaska 2025 ne doit pas devenir Munich 1938, ni Yalta 1945

15 AOÛT 2025

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Aux dirigeant·es de l’Europe et du monde,
Nous, représentant·es de la société civile mondiale, réfugié·es politiques, militant·es démocratiques et défenseur·ses de la paix et des droits humains, vous adressons ce message avec une profonde inquiétude.
Nous observons avec une grande appréhension la rencontre prévue à la fin de cette semaine en Alaska entre le président américain Donald Trump et Vladimir Poutine. Nous craignons que cet entretien n’aboutisse à un accord tactique de court terme susceptible de causer des dommages irréparables à l’Ukraine, à l’Europe et à la sécurité internationale. L’Alaska 2025 ne doit pas devenir Munich 1938, ni Yalta 1945 !
Nos inquiétudes portent notamment sur la possibilité qu’un accord vienne légitimer l’occupation illégale par la Russie de territoires ukrainiens et la recomposition par la force des frontières établies en 1991. Nous redoutons également un assouplissement, voire une levée des sanctions contre le régime de Poutine, permettant son retour dans des enceintes internationales comme le G7, ainsi que sa participation à des événements sportifs et culturels — ce qui ne ferait que légitimer sa dictature. Nous redoutons également que l’Ukraine subisse des pressions sans précédent pour l’obliger à accepter un accord imposé et profondément injuste, accompagné d’une offensive diplomatique mondiale de Poutine visant à en justifier et à en promouvoir les conditions.
Nous exhortons les dirigeant·es des nations européennes et de la communauté internationale à veiller à ce qu’aucun accord ne soit conclu sans la participation et le consentement directs de l’Ukraine et de l’Europe. Il est crucial de ne reconnaître ni soutenir aucune décision qui aboutirait à légitimer une occupation illégale issue d’une agression brutale de la part du régime de Poutine. Les sanctions contre ce régime doivent être maintenues et renforcées jusqu’à la cessation complète de l’agression, la libération des territoires occupés, la libération de tous les prisonniers politiques ainsi que des civils et militaires ukrainiens captifs, et la traduction en justice des responsables. Il faut également empêcher le retour de la Russie dans les organisations et événements internationaux tant qu’elle n’aura pas respecté ses obligations en vertu du droit international.
Nous proposons la mise en place d’un Bouclier européen pour la démocratie, doté des moyens nécessaires pour protéger les valeurs et institutions démocratiques sur l’ensemble du continent. Il est également essentiel de renforcer la coopération européenne en matière de défense pour garantir la sécurité collective et dissuader tout agresseur potentiel. Un renforcement de la solidarité internationale au sein de la « Coalition des volontaires » est indispensable pour soutenir les pays qui résistent à l’autoritarisme et à l’agression. Nous appelons particulièrement le Brésil, l’Inde, la Chine, l’Australie et le Canada à s’abstenir de soutenir l’accord d’Alaska, à défendre le droit et la justice internationaux et à œuvrer à une paix juste.
Tout « accord » fondé sur des concessions injustes faites à un agresseur ne peut pas apporter une paix durable. Il ne fera que perpétuer l’impunité et instaurer un dangereux précédent pour le monde, menaçant nos intérêts et notre sécurité communs.
Nous vous appelons à faire preuve de fermeté et de principes. Seule une position unie et intransigeante de la communauté internationale en défense du droit et de la justice peut stopper l’escalade et poursuivre la lutte pour la paix et la justice.

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